
Tel père, telle fille ! Et oui, Céline a 11 ans quand elle écrit son premier mini-roman. Non seulement elle dévore tous les livres qui lui tombe sous les yeux, mais en plus elle voudrait bien devenir "écrivaine"... A suivre donc.
Vacances en pleine Nature
A toutes les filles qui adorent la Nature
et qui ont un frère casse-pieds
Chapitre 1
Incroyable ! Jamais je n’aurais cru que j’allais pouvoir être heureuse pendant ce long voyage… Et pourtant.
Tout d’abord, commençons par les présentations. Moi, c’est Maggy et j’ai dix ans. Mes cheveux sont châtain et descendent jusqu’à sur mes épaules. J’ai aussi de beaux yeux verts, c’est mon copain qui me l’a dit…
Voilà, c’est fait. Maintenant, revenons à mon histoire.
Ma Famille et moi nous partions pour les vacances en direction de l’Allemagne, filant comme une fusée sur une route de campagne, quand soudain la voiture est tombée en panne. Impossible d’appeler une dépanneuse. C’était tellement au milieu de nulle part que les ondes du réseau téléphonique n’arrivaient même pas jusqu’à nous.
Ah ! Ce papa ! Avec sa manie de toujours attendre le dernier moment pour faire le plein ! Et bien voilà, à cause de lui, on est coincé là ! Quoique… Je devrais dire « grâce » à lui !
Parce que, côté paysage, c’était carrément génial : nous étions en pleine forêt et entourés d’un panorama super chouette. Une mignonne petite rivière serpentait entre les rochers et si on regardait vers l’ouest, une superbe cascade d’au moins dix mètres de haut tombait avec fracas sous mes yeux émerveillés. ça changeait de la ville !
J’étais tellement absorbée par mes observations que je ne remarquais même pas Thierry qui essayait de m’attraper la queue-de-cheval et qui tenait Mignonnette par la queue. Mignonnette, c’est ma petite chatte et Thierry mon petit demi-frère. Il a des cheveux noirs et les yeux marron. Le chouchou à sa maman. Je le déteste ! Ma pauvre Mignonnette… Elle est si mignonne. Son pelage est tout noir. Elle a juste un petit rond blanc autour de son œil droit.
Thierry reçut, bien entendu, un coup de griffe qui l’obligea à lâcher prise. Mignonnette était furieuse ! Bien fait pour lui !
— Ne vous éloignez pas trop, les enfants ! lança maman.
A propos, je l’appelle maman, c’est plus simple que belle-maman... Soit dit en passant, je n’ai toujours pas compris pourquoi papa avait épousé une nouvelle femme et comment, en plus, il avait pu lui faire un enfant aussi pénible… Elle n’est même pas belle !
Le monde des adultes est impénétrable.
Bon, on ne va pas rester là à rien faire !
Après avoir cueilli des branches mortes, je construisis une hutte comme celle des indiens, près de la cascade. J’ai recouvert le sol de feuilles de chêne pour en faire un lit.
Maman nous annonça que papa n’avait plus de pile pour son portable. Donc cette fois, il ne risquait vraiment plus de capter un quelconque réseau. Déjà, quand il lui restait un peu de pile, il ne captait rien...
La nuit tombait et moi, je n’avais pas peur. Mais Thierry, lui, il avait une de ces trouilles ! Il disait que les loups allaient le manger. Si vous aviez vu sa tête : toute rouge, prête à exploser et pleurant des larmes plus grosses que celles des crocodiles ! Et moi, de le voir comme ça, je pouffais de rire !
Alors maman est arrivée et a dit à Thierry :
— Tant que nous serons près de vous, vous ne risquez rien, tu le sais bien.
Puis elle s’est retournée, aussi rouge que mon frère, en me priant de bien vouloir me calmer. C’est vrai que j’avais pouffé de rire une fois de plus quand elle avait parlé à Thierry. Et comme j’avais du mal à m’arrêter, elle me hurla dessus en articulant tellement vite que je ne compris rien du tout. Puis elle est allée s’occuper du feu, furieuse. Thierry me lança un regard à la fois noir et moqueur. Grrrr... je le déteste ce sale chouchou à la moutarde !
Alors dès que maman fut assez loin, je lui cracha en pleine figure que je ne lui prêterais jamais ma hutte et qu’il devrait se la construire lui-même s’il en voulait une. Il resta d’abord figé, tout drôle, puis il se remit à pleurer. J’ai cru qu’il allait faire un lac sous ses pieds tellement il pleurait. Mais non, même pas. Zut alors ! Ç’aurait pu être marrant. Finalement, j’étais plutôt déçue… En plus maman nous appelait. Il était l’heure d’aller manger.
Au menu, tout ce que papa avait trouvé dans la forêt : champignons, lapin cuit au feu de bois et fraises des bois. Pour attraper le lapin, il avait un peu bataillé. Il était revenu tout trempé de chaud. Comme nous n’avions pas de couvert, pour manger, nous avons utilisé des pics de hérissons. ça me faisait tout drôle ! Papa, lui, il disait que ça lui rappelait ses jours au « Camping Club ». C’est là où il allait en colo quand il était petit.
A la fin du repas, nous nous sommes racontés des histoires pour nous faire peur. Thierry tremblait comme une feuille et dès que je criais « BOUH ! », il sursautait. A chaque fois, il battait un nouveau record de saut en hauteur ! Puis quand ce fut à mon tour, je fis exprès de raconter une histoire de loup-garou. Il a une trouille innommable des loups-garous…
Thierry avait tellement les chocottes qu’il n’osa même pas aller pisser ! C’est pour ça qu’au bout d’un moment, on l’a retrouvé trempé des pieds au nombril ! A pisser de rire ! C’était vraiment le cas de le dire !
Mais, juste après, je ne sais pas trop pourquoi, maman m’a crié dessus. Je devrais dire hurler, oui ! Et puis elle s’est relevée brusquement me basculant et me faisant rouler dans l’herbe. Il était grand temps d’aller se coucher.
Comme il n’y avait pas assez de place dans la voiture, papa et maman acceptèrent que je dorme dans ma cabane. Et comme Thierry voulait tout faire comme moi, il a aussi voulu dormir dans sa cabane, si on pouvait appeler ça une cabane !
Cette nuit-là, je dormis super bien ! J’étais en train de rêver que j’avais accroché Thierry avec des pics de hérisson sur un lapin qui nageait sur l’eau…
Tout d’abord, commençons par les présentations. Moi, c’est Maggy et j’ai dix ans. Mes cheveux sont châtain et descendent jusqu’à sur mes épaules. J’ai aussi de beaux yeux verts, c’est mon copain qui me l’a dit…
Voilà, c’est fait. Maintenant, revenons à mon histoire.
Ma Famille et moi nous partions pour les vacances en direction de l’Allemagne, filant comme une fusée sur une route de campagne, quand soudain la voiture est tombée en panne. Impossible d’appeler une dépanneuse. C’était tellement au milieu de nulle part que les ondes du réseau téléphonique n’arrivaient même pas jusqu’à nous.
Ah ! Ce papa ! Avec sa manie de toujours attendre le dernier moment pour faire le plein ! Et bien voilà, à cause de lui, on est coincé là ! Quoique… Je devrais dire « grâce » à lui !
Parce que, côté paysage, c’était carrément génial : nous étions en pleine forêt et entourés d’un panorama super chouette. Une mignonne petite rivière serpentait entre les rochers et si on regardait vers l’ouest, une superbe cascade d’au moins dix mètres de haut tombait avec fracas sous mes yeux émerveillés. ça changeait de la ville !
J’étais tellement absorbée par mes observations que je ne remarquais même pas Thierry qui essayait de m’attraper la queue-de-cheval et qui tenait Mignonnette par la queue. Mignonnette, c’est ma petite chatte et Thierry mon petit demi-frère. Il a des cheveux noirs et les yeux marron. Le chouchou à sa maman. Je le déteste ! Ma pauvre Mignonnette… Elle est si mignonne. Son pelage est tout noir. Elle a juste un petit rond blanc autour de son œil droit.
Thierry reçut, bien entendu, un coup de griffe qui l’obligea à lâcher prise. Mignonnette était furieuse ! Bien fait pour lui !
— Ne vous éloignez pas trop, les enfants ! lança maman.
A propos, je l’appelle maman, c’est plus simple que belle-maman... Soit dit en passant, je n’ai toujours pas compris pourquoi papa avait épousé une nouvelle femme et comment, en plus, il avait pu lui faire un enfant aussi pénible… Elle n’est même pas belle !
Le monde des adultes est impénétrable.
Bon, on ne va pas rester là à rien faire !
Après avoir cueilli des branches mortes, je construisis une hutte comme celle des indiens, près de la cascade. J’ai recouvert le sol de feuilles de chêne pour en faire un lit.
Maman nous annonça que papa n’avait plus de pile pour son portable. Donc cette fois, il ne risquait vraiment plus de capter un quelconque réseau. Déjà, quand il lui restait un peu de pile, il ne captait rien...
La nuit tombait et moi, je n’avais pas peur. Mais Thierry, lui, il avait une de ces trouilles ! Il disait que les loups allaient le manger. Si vous aviez vu sa tête : toute rouge, prête à exploser et pleurant des larmes plus grosses que celles des crocodiles ! Et moi, de le voir comme ça, je pouffais de rire !
Alors maman est arrivée et a dit à Thierry :
— Tant que nous serons près de vous, vous ne risquez rien, tu le sais bien.
Puis elle s’est retournée, aussi rouge que mon frère, en me priant de bien vouloir me calmer. C’est vrai que j’avais pouffé de rire une fois de plus quand elle avait parlé à Thierry. Et comme j’avais du mal à m’arrêter, elle me hurla dessus en articulant tellement vite que je ne compris rien du tout. Puis elle est allée s’occuper du feu, furieuse. Thierry me lança un regard à la fois noir et moqueur. Grrrr... je le déteste ce sale chouchou à la moutarde !
Alors dès que maman fut assez loin, je lui cracha en pleine figure que je ne lui prêterais jamais ma hutte et qu’il devrait se la construire lui-même s’il en voulait une. Il resta d’abord figé, tout drôle, puis il se remit à pleurer. J’ai cru qu’il allait faire un lac sous ses pieds tellement il pleurait. Mais non, même pas. Zut alors ! Ç’aurait pu être marrant. Finalement, j’étais plutôt déçue… En plus maman nous appelait. Il était l’heure d’aller manger.
Au menu, tout ce que papa avait trouvé dans la forêt : champignons, lapin cuit au feu de bois et fraises des bois. Pour attraper le lapin, il avait un peu bataillé. Il était revenu tout trempé de chaud. Comme nous n’avions pas de couvert, pour manger, nous avons utilisé des pics de hérissons. ça me faisait tout drôle ! Papa, lui, il disait que ça lui rappelait ses jours au « Camping Club ». C’est là où il allait en colo quand il était petit.
A la fin du repas, nous nous sommes racontés des histoires pour nous faire peur. Thierry tremblait comme une feuille et dès que je criais « BOUH ! », il sursautait. A chaque fois, il battait un nouveau record de saut en hauteur ! Puis quand ce fut à mon tour, je fis exprès de raconter une histoire de loup-garou. Il a une trouille innommable des loups-garous…
Thierry avait tellement les chocottes qu’il n’osa même pas aller pisser ! C’est pour ça qu’au bout d’un moment, on l’a retrouvé trempé des pieds au nombril ! A pisser de rire ! C’était vraiment le cas de le dire !
Mais, juste après, je ne sais pas trop pourquoi, maman m’a crié dessus. Je devrais dire hurler, oui ! Et puis elle s’est relevée brusquement me basculant et me faisant rouler dans l’herbe. Il était grand temps d’aller se coucher.
Comme il n’y avait pas assez de place dans la voiture, papa et maman acceptèrent que je dorme dans ma cabane. Et comme Thierry voulait tout faire comme moi, il a aussi voulu dormir dans sa cabane, si on pouvait appeler ça une cabane !
Cette nuit-là, je dormis super bien ! J’étais en train de rêver que j’avais accroché Thierry avec des pics de hérisson sur un lapin qui nageait sur l’eau…
Chapitre 2
Le lendemain matin, ce fut pour moi un réveil en sursaut. Et pour cause, des fourmis rouges m'attaquaient ! Tous les autres dormaient encore. Alors, retenant mes cris, je courrais à la rivière m’asperger d’eau avant de plonger toute entière dedans. Na ! Toutes noyées ! Elles n’avaient qu’à pas m’embêter ! Non mais ! Espèce de saleté de fourmis rouges !
Mais aussitôt plongée dans l’eau, comme par magie, le calme revint. Hummm… Un peu fraîche, mais c’était tellement bon. J’en oubliais les fourmis…
Le petit déjeuner fut vite avalé : trois châtaignes chacun et une boîte de noix de coco que papa avait retrouvé sous un siège de la voiture. On avait de la chance, elle n’était même pas périmée, dit donc !
Papa essaya de nous apprendre quelques techniques pour faire du feu. Franchement, ça ne fut pas une grande réussite… Pourtant maman, elle, elle se débrouillait plutôt bien. Mais moi, je confondais une pierre plate avec un silex et Thierry essayait de tricher en utilisant nos dernières allumettes.
Nous étions donc chacun occupé dans notre coin quand un hurlement déchira la forêt : c’était Thierry ! Il s’était brûlé ! Papa et maman coururent pour aller chercher de l’eau et moi, je faisais comme si de rien n’était. Puis je lui envoyai :
— Bien fait pour toi ! Sale chouchou à la moutarde !
— Papa ! Maman ! Maggy, elle a dit que c’est bien fait !
— Elle n’a pas tout à fait tort, chuchota papa en découvrant les allumettes.
Heureusement pour lui, maman ne l’avait pas entendu. Contrairement à moi… Elle hurla que j’étais un affreux petit guignol et que je m’attaquais à plus petit que moi. Et aussi à plus bête, elle aurait pu ajouter.
— Avec ton sale caractère, tu ne trouveras jamais de travail ! Si tu continues comme ça, tu ne risques pas d’en trouver un aussi bien que le mien !
Et tout et tout ! Tout ça, elle m’avait dit maman. Moi, je ne sais pas pourquoi, mais je ne préfère pas lui ressembler à cette maman de remplacement… Incroyable, non ?
Ensuite, elle nous a ordonné de faire le ménage. Bien entendu, Thierry pleurnicha pour qu’elle l’aide, parce qu’il trouvait que c’était trop dur… Mon œil ! Sa cabane, ce n’était qu’un carton ramassé au bord du chemin ! C’était juste pour éviter qu’il ne se reçoive une ou deux baffes ! Moi, je bataillais tellement contre les araignées, les fourmis et les moustiques que ma pauvre cabane termina en miettes. Je dus la reconstruire sous les yeux moqueurs de Thierry…
Je vous ai déjà présenté Thierry ? Ce mioche de huit ans et demi, synonyme de catastrophe naturel... Ah ! Oui ? J’avais oublié…
Et il se moquait de plus belle, le pauvre andouille. Alors, il reçut une de mes baskets en pleine poire. Au moins, il m’a laissé tranquille et j’ai pu continuer mon travail. Un bâton par ci, une branche par là. Quand ce fut fini, je me suis reculé pour admirer mon chef-d’oeuvre. Ouah ! Elle était encore mieux qu’avant !
C’était déjà l’heure d’aller manger.
Ce fut un repas des plus exotiques : soupe d'orties – plutôt une sorte de purée infâme, beurk ! – chevreuil et noix de coco. Pour le chevreuil, je me demande encore comment il a fait pour en attraper un ! C’est un vrai champion, mon papa ! Et pour la noix de coco, finalement, il y en avait une véritable réserve dans cette sacrée voiture !
Après le repas, nous sommes parti faire un tour dans la clairière. Dès que nous sommes arrivés, je sautais sur papa. Ce n’est pas parce que je suis grande que je n’aime pas les câlins !
Ensuite, je me suis roulée dans l’herbe. C’est alors que Thierry cria :
— Tous sur Maggy !
Mais je lui fis remarquer qu’il était seul à part Mignonnette. Mais elle n’oserait jamais me faire ça, à moins qu’elle ne veuille être privée de croquettes pendant trois bonnes semaines ! Il fut tellement surpris qu’il partit bouder de l’autre côté de la clairière. Il n’était pas le seul à être surpris. Moi aussi je l’étais. En effet, c’était la première fois que je réussissais à lui tenir tête ! Ce n’était pas désagréable…
Puis papa nous proposa d’aller visiter la forêt et les alentours. J’étais folle de joie, mais Thierry grommela que c’était un truc de fille. Dommage pour lui, j’avais tout entendu et j’allai aussitôt le dire à papa… Mais n’allez pas croire que je suis une rapporteuse !
Après quelques grondades, papa menaça :
— S’il continue comme ça, la prochaine fois, il restera au camp !
Re-dommage pour lui parce qu’avec papa, c’est moi la chouchoute !
C’était trop amusant : on a visité les forêts de conifères, les forêts de feuillus et une deuxième clairière. Puis, pour revenir, on a fait la course en nageant dans la rivière ! Une fois arrivés, nous nous sommes séchés. En premier ce fut papa qui prit la serviette. Moi en deuxième. Et Thierry ? Oh ! Disons que quand j'eus fini de me sécher, le vent emporta « accidentellement » la serviette…
Ne vous faites donc pas de bile, il restait une autre serviette… Mais faut pas le dire à Thierry !
Ensuite, papa m’emmena à la pêche pendant que Thierry essayait de se sécher avec des feuilles d'orties ! Mais qu’est-ce qu’il est bête et qu’est-ce qu’on a ri !
Le soir, nous mangeâmes en silence. Papa soi-disant se reposait et maman ruminait. Elle était fâchée contre papa parce qu’on était rentré tard. Mais moi, j’avais une faim de loup ! Il y avait du poisson donc, des groseilles et encore et toujours de la noix de coco.
Thierry grelottait et n'arrêtait pas de se gratter.
Chapitre 3
La nuit fut horrible. Je ne fis que cauchemarder, toute la nuit.
Une goutte de pluie s’écrasa sur mon front et me réveilla. Je croyais que ma cabane était imperméable ! Mais non ! Il y avait un trou ! Oh ! Vite ! Je sortis aussi sec pour réparer le problème. Je ne voulais pas que la pluie me détruise la cabane ! Quand je me réfugiai à nouveau dans mon abri, la pluie se mit à battre encore plus fort sur la colline. Et soudain, une grosse rafale de vent se leva. Ma cabane n’avait heureusement plus rien à craindre car ses branches et ses feuilles étaient tenues par de grosses pierres.
Mais pour Thierry, quelle catastrophe ! Il fut trempé en quelques secondes quand le vent lui emporta sa cabane de carton ! Il se réveilla donc en sursaut et quand il réalisa ce qu’il lui arrivait, il grimaça et commença à chouiner. Trop rigolo. Maman fut la première à sortir de la voiture. Elle fit la même grimace que Thierry et se précipita sur son sucre d’orge adoré avant qu’il ne fonde. Quand papa descendit de la voiture, il se mit à rire aussi fort que moi. Maman embrassa Thierry puis se mit à courir vers nous. Elle nous gronda, moi et papa, et s’enferma dans la voiture avec son chérubin. Du coup, papa s’est réfugié dans ma cabane tellement il pleuvait. Je me mordais la langue pour m'empêcher de rire et je voyais bien que papa aussi.
Il y eut enfin une éclaircie. De ma hutte, on pouvait admirer en entier un superbe arc-en-ciel.
Au menu ce matin : noix de coco… C’était bien bon, mais à la fin, ça commençait à lasser.
Maman décida que Thierry dormirait désormais dans la voiture avec elle. Mais tout le monde n’était pas du même avis :
— Ah non ! Il va nous empêcher de dormir. Il fait trop de bruit ! avait courageusement dit papa.
— Ceux qui ne sont pas contents iront dormir ailleurs !
C’est comme ça que papa se fit balancer de la voiture par maman. Il se lança donc dans la construction d’une cabane. Elle fut plus belle et bien plus grande que la mienne évidemment. Elle était placée autour d’un grand platane et recouverte d'écorces collées avec de la résine de pin. Il y avait aussi une échelle en lianes car sa cabane était à deux mètres de hauteur. Papa remarqua que sa nouvelle demeure me plaisait bien, alors il m’invita à habiter avec lui. Mais je refusai. Après tout, j’aimais bien ma cabane ! Malheureusement, celle de papa plut aussi à Thierry. Alors maman ordonna à papa de descendre immédiatement. Papa dut abandonnée son chef d’œuvre pour regagner la voiture, non sans protester. Mais maman ne changea pas d’avis.
Papa décida de partir à la cueillette des oeufs pour le repas. Maman ne nous accompagna pas sous prétexte qu’il fallait laver du linge. Le premier nid découvert était sur le platane où était perchée la cabane de papa – et non de Thierry, non mais ! – Nous avons donc grimpé de branche en branche et dès que nous sommes arrivés auprès du nid, nous avons vu qu’il n’y avait qu’un seul œuf. Papa me demanda de le prendre délicatement, mais Thierry, qui était sur une branche plus proche, tendit la main et perdit l’équilibre ! Il se rattrapa in extremis au nid mais celui-ci, trop léger, se décrocha et tomba avec Thierry…
Par chance, il se rattrapa à une branche un peu plus bas. Bon, d’accord, j'avoue que pendant quelques petites secondes, j’ai eu peur pour Thierry. Il s’en est plutôt bien sorti et c’était le plus important ! Quant à l'œuf, il a fini fracassé sur le toit de la cabane de Thierry – c’est vrai après tout : c’était sa cabane…
La coquille resta à l'extérieur mais le liquide dégoulina à l'intérieur de la cabane. Berk, berk et re-berk ! Papa récupéra Thierry, le consola et pour détendre l'ambiance, il lui dit :
— Zut ! J’avais oublié de te dire : le toit n’est pas étanche !
Papa rigola et voyant qu’il était le seul à se marrer, il se calma et dit que, si ça continuait comme ça, nous ne mangerions pas d’oeuf à midi.
Je lui annonçai qu’il y avait un nid de rouge-gorge sur le saule pleureur où se trouvait ma cabane ! Thierry s’écria :
— Tiens ! Toi aussi tu veux avoir de l’oeuf dans ta cabane ?
— Non, répondis-je, car moi au moins, ma cabane est imperméable !
Dans le nid, il y avait cinq oeuf : deux pour papa, deux pour moi et un pour Thierry. Maman n’aime pas les œufs.
Crac !
Rectification : zéro œuf pour thierry. Ça lui apprendra ! Il ne faut jamais essayer de tester la solidité des œufs quand on veut les manger…
Quand nous sommes rentrés, maman avait fait la cueillette. La lessive ayant été plus rapide que prévu. Le repas fut vite préparé : oeufs et framboises. C’était plutôt léger. Heureusement qu’il y avait des restes de chevreuil.
Après ce petit repas vite avalé, papa nous amena voir un lac qu’il avait repéré peu de temps avant. Il me dit :
— Tu verras, ce lac est très joli. Dommage qu’il soit rempli d’autant de déchets. Et si on le nettoyait ?
Bien entendu, Thierry râla, mais je lui chuchotai à l’oreille que normalement ce sont les filles qui ont peur de se salir et comme je l’avais deviné, il dit :
— Pff ! Je ne suis pas une mauviette !
— C’est ce qu’on va voir, lui répondis-je en lui balançant de la boue en pleine figure !
Nous partîmes ainsi, plein de bonne volonté. Arrivé au bord du lac, papa, à l’aide de la pelle qui se trouvait dans la voiture, un vrai caverne d’Ali Baba cette voiture, creusa un très grand trou.
— ça fera une très bonne poubelle à ordure !
Enfin. Pas pour toutes les ordures. Maman a été très stricte là-dessus : on ne mettra pas Thierry dans cette poubelle ! Dommage…
Papa et maman ramassaient les déchets autour du lac tandis que Thierry et moi nous enfilions nos vieux maillots de bain pour s’occuper de l’eau. Thierry, avec sa bouée, devait récupérer les déchets qui flottaient, tandis que moi, je plongeais. Thierry a bien essayé de me noyer en m'appuyant sur la tête. Alors moi, pour me défendre, je lui ai donné un coup de poing dans sa bouée ! Ce qui l’a fait chavirer et ma tête fut ainsi délivrée. Dès que je refis surface, je regardai autour de moi : pas de parent à l'horizon.
Vlan !
Je venais de lui foutre une bonne raclée.
Deux heures plus tard, le lac avait retrouvé un semblant de pureté. Thierry alla pêcher avec les parents, tandis que moi, je me proposais pour la cueillette. J’allai dans la deuxième petite clairière, non pas parce qu’il y avait beaucoup de fruits, mais parce que la dernière fois j’avais repéré une mignonne petite lapine. Elle était toute blanche et sa toute petite queue me faisait penser à un pompon. L’autre fois que je l’avais aperçue, elle me regardait avec un petit air triste comme pour me dire « Emmène-moi avec toi ! » Elle me faisait pitié. Si ça se trouve, le premier soir, c’est son papa qu’on a mangé… Pauvre choux.
Dorénavant, c’est juré, je ne mangerai plus de lapin !
J’ai donc emporté, ou plutôt chipé, quelques carottes et une cage assez grande que j’avais trouvé dans le lac. Un trentaine de centimètres de haut et une cinquantaine de long, ça devrait faire l’affaire.
Quoi ? Mais non, voyons ! Mignonnette ne mangera jamais ma lapine ! Elle a horreur de la viande. Tiens ! Justement la voilà, toute timide, la petite boule blanche. J’ouvris lentement la cage et la lapine s’y précipita aussitôt dedans. Incroyable, je n’avais même pas eu besoin des carottes… Je refermai alors vite la cage puis j’y glissai une main. La lapine s'empressa de me la lécher amicalement. Je lui donnai alors une carotte et elle la croqua avec gourmandise. Attendrie par la scène, je n’avais pas vu le temps passer.
Zut, il faut que je rapporte des fruits ! Je me dépêchai de cueillir quelques framboises, des fraises, des mûres et trois cerises sauvages avant de prendre le chemin du camp.
— Je t’appellerai Girouette, dis-je à ma lapine tout en marchant, car tu n'arrêtes pas de bouger !
De retour au camp, je présentai Girouette à toute la famille. Maman et Thierry n’était pas d’accord pour qu’on la garde. Papa si, mais il ne voulait pas provoquer la colère de maman. Pour détendre l’atmosphère, il lança :
— On n’a qu’à la manger !
Moi, ça ne m’a pas faire rigoler du tout. Je l’ai fusillé du regard. Alors, pour changer de sujet, j’ai eu l’idée du siècle : le vote ! Tout le monde approuva. Au début je voulais que ceux qui étaient pour relâcher la lapine prennent des feuilles d'orties et ceux qui étaient pour la garder prennent des feuilles de chêne. Mais on a dû changer pour les feuilles d’orties, ordre de maman et de Thierry, pour la bonne et simple raison qu’après on verrait qui avait voter quoi. Il suffirait de regarder les mains. Pour ne pas se piquer plutôt ! Oui ! Parce que, de toute façon, je savais très bien ce qu’ils allaient voter.
On a donc changé de feuilles. Ils sont trop graves ! Ils ne savaient même pas que pour arracher les orties, il faut les attraper en dessous, où c’est blanc, pour ne pas se faire piquer.
Puis, ce fut l’heure du dépouillement : ex æquo. Deux partout. D’accord, c’était couru d’avance. Mais j’avais ma deuxième idée du siècle sous le coude : je sortis Girouette de sa cage. Et oui ! Il fallait faire voter Girouette ! Je l’installai au milieu de nous. L’idée était simple : Girouette devrait choisir son camp.
Elle regarda tout d'abord maman qui l'appelait. La lapine fit une grimace puis se tourna vers moi qui pourtant ne disait rien, renifla, puis courut jusqu’à moi.
Ben quoi ? Il fallait bien qu’elles servent les carottes !
Mais maman s'énerva et me cria que c’était de la triche ! Houlà ! Je la savais mauvaise perdante, mais à ce point ! Girouette, qui sentait bien qu’elle voulait s’en prendre à moi, sauta sur elle et lui mordit férocement le doigt !
Aïe ! Aïe ! Aïe ! ça n’allait pas s’arranger !
J’étais entre pleurer et rigoler. Finalement, j’ai choisi les deux options. Je remis Girouette dans sa cage et courus, larmes aux yeux, tout en pouffant de rire. ça me faisait tout drôle. Derrière moi, j’entendais maman continuer à me crier dessus en empêchant papa de me suivre et je vis Thierry me tirer la langue.
Arrivée à ma cabane, je regardais droit dans les yeux Girouette et lui lançai :
— Tu veux ma mort ou quoi ?
Plus tard, papa m’apporta un panier. C’était mon dîner. Il y avait une truite, un verre de fruits rouges et de la noix de… coco.
Le soir venu, j’étais très fatiguée mais je n’arrivais pas à dormir. Je regardais le ciel sans nuage. La lune, qui était pleine ce soir-là, ressemblait à un soleil dont les rayons auraient éclaté dans tout le ciel. Ces rayons s’appellent en fait les étoiles. Elles forment des dessins étranges. Au nord, il y a la Grande Ours dont une des étoiles est la plus brillante de toute, c’est l’étoile du Berger.
Je sais, je suis une vraie poète… Et là, la fatigue m’emporta.
Chapitre 4
Le matin, au petit déjeuner, on a eu droit à des carottes. Girouette a adoré !
Puis, pour nous réveiller, nous sommes retournés au lac. J’en étais à mon cent dix-huitième plongeon quand je tombai nez à nez avec une chose inerte et lourde. J’ouvris les yeux : ça avait tout l’air d’un bidon d’essence ! Et à en juger par le poids, il devait être rempli !
Vite, je remontai à la surface ! Sans trop réfléchir, j’ai raconté aux autres ce que je venais de voir et papa, suivi de maman, vinrent me donner un coup de main pour remonter ma trouvaille. Papa dévissa le bouchon et renifla. Il fit d’abord la grimace puis annonça que ça avait la couleur de l’essence, l’odeur de l’essence, et que c’était bien de l’essence !
Thierry éclata de joie :
— On va enfin quitter ce coin pourri ! Youpi !
— La seule pourriture qui est ici, c’est toi !
Pourquoi lui avais-je répondus comme ça ? C’était bien trop méchant ! En fait, pour moi, ce bidon d’essence, c’était la catastrophe. J’aurais mieux fait de ne rien dire tout à l’heure. Quelle nulle je fais ! J’en avais les larmes aux yeux.
Un, l’essence veut dire voiture.
Deux, la voiture veut dire routes.
Trois, les routes veulent dire partir de ce paradis !
Non, non et re-non ! J’veux pas, j’veux pas, j’veux pas !
Mais maman arriva, et puisque j’avais râlé à voix haute, elle me mit deux gifles et même une de plus à propos de Girouette.
Je fus obligée de renoncer si je ne voulais pas recevoir une quatrième gifle. Je mis donc Girouette et Mignonnette sous mon fauteuil, j’attachai la ceinture puis maman démarra. Elle était tellement pressée de fuir qu’elle n’avait pas laissé le volant à Papa. J’avais l'impression qu’elle roulait plus vite que Schumacher.
Au milieu du trajet, je pris la parole :
— Dis, maman…
— Oui ?
— Qu’allons nous faire en Allemagne ?
— Soit nous restons à l’hôtel, soit nous allons camper dans un bois pour visiter des ruines d’un château fort. L’hôtel peut nous prêter une toile de tente. Alors, hôtel ou ruines ?
— Moi, j’ai déjà ma réponse, répondis-je en regardant papa.
Il me fit un clin d'œil. Et oui ! Ce qu’on venait de vivre, c’était seulement l’apéritif !
Je crois que je vais adorer ces vacances…
Mais à une seule condition : j’veux plus jamais de noix de coco !
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